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L’histoire du château

Du château de Troussures au Prieuré N.D de Cana: 1000 ans d’histoire!


Comment ce « château », construit en son époque dans le cadre d’une seigneurie, est-il devenu un haut lieu d’Eglise au 20 siècle avec le Père Doncoeur et le Père Caffarel pour devenir aujourd’hui un prieuré de religieux ?

 

 

Une Seigneurie au village de Troussures
- La seigneurie de Troussures remonte à l’an 1075 avec son premier châtelain connu : Garénus de Trussuris.
- Du 13ème au 18ème siècle, différentes seigneuries s’échelonnèrent à Troussures.
- En 1700, le maréchal de Boufflers échange les terres qu’il possède à Versailles –permettant ainsi au roi Louis XIV de construire le château - contre celles de Troussures qui appartiennent à la couronne.
- En 1757 cette seigneurie, constituée uniquement de terres, prés et bois, le château féodal ayant depuis longtemps disparu, est vendue au comte de Saisseval. Son fils la vend en 1783 à Louis-Lucien Le Caron, chevalier, 'lieutenant civil et criminel au baillage', président du tribunal de Beauvais et conseiller général de l’Oise .La propriété demeure ainsi dans la famille Le Caron de 1783 à 1919 ; puis faute de descendance, est vendue à Henri Gézard.
- 1919-1921 Henri Gérard acheta la propriété et la revendit deux ans plus tard.
- 1923 Le château et le parc de 8 hectares sont vendus au général Nourrisson.
- 1938 La générale Nourrisson, propriétaire, offre au Père Riquet, Jésuite, sa propriété de Troussures pour les étudiants en médecine du centre Laennec. Mais le Père Riquet, trouvant plus près de Paris un lieu mieux adapté, la propose au Père Doncoeur.

Le Père Paul Doncoeur fonde une « maison familiale »
- 1938-1961 : Le Père Doncoeur  passe 23 ans à Troussures. A sa mort en 1961, l’association poursuit son œuvre ; mais ceux qui portent la maison n’étant plus tout jeunes, ils prennent la décision de la confier au Père Caffarel qui en prend possession le 28 avril 1966 jusqu’à sa mort en 1996.
- Homme de Dieu, conquérant et franc-tireur, le père Doncoeur reçut cette maison pour en faire un lieu où pourrait s’exprimer ce qu’il portait profondément dans son cœur : recréer un noyau de chrétienté pour l’avenir de la France.
- Pendant les évènements de la seconde guerre mondiale, la maison devint un centre de formation et de refuge, pour devenir finalement une grande maison familiale.
L’unité de ces trois périodes jusqu’à sa mort à 81 ans pourrait se résumer dans cette grande intuition que « le couple chrétien a vocation à la sainteté et que le foyer est le centre de vocation privilégié des femmes, qu’il faut ‘reconstruire’ la France par la famille ». Pour le Père Doncoeur, la famille catholique doit devenir un véritable instrument de ‘conquête du milieu’ et la place de la femme est centrale. Il aimait à dire en boutade : « il faut deux femmes pour faire un saint : sa femme et sa mère ! » D’où sa fondation des « Cercles Sainte Jeanne » en 1930 pour l’accueil de jeunes femmes qu’il suivait. Quand elles furent mariées, il les réunit en cercle d’étude mensuel. C’est ainsi qu’en 1938 il prêcha les premières retraites de foyers en commun : innovation complète pour l’époque !
1940 : Réquisition par l’armée française de la maison et ensuite par les Allemands, un an plus tard.
- 1943, Le Père Doncoeur est marginalisé par les jésuites, il se retire des Scouts de France. Ces événements le conduisent à faire dès lors de Troussures une grande maison familiale et d’accueil. Une journée par an, des grands hommes d’Eglise, des intellectuels, vinrent partager leur réflexion sur différents sujets comme la colonisation, les sciences, l’évolution de l’Eglise etc. Troussures verra ainsi passer les Pères Chenu, Teilhard de Chardin, Fessard, Daniélou, de Lubac, Jean Anouilh etc.
- En 1959 ce fut aussi la création de l’école de Montjoie avec 18 garçons, dont beaucoup sont orphelins.
- L’intuition du Père Doncoeur fut bien de redonner à la France après la première guerre un catholicisme intégral avec une mystique de la ‘croisade’ pour restaurer la chrétienté de la nation. L’évolution de la société entre les deux guerres l’invita à affiner ses désirs et à recentrer ses espérances sur la famille, les enfants et l’incarnation d’une évangélisation sur le terrain de la proximité. Pendant ces 23 années de présence, Troussures devint donc à la fois une « Maison familiale », une maison de retraites, de prière, de vacances et aussi de travail. Ce fut un centre d’étude et de réflexion, d’expérimentations du renouveau liturgique et tout particulièrement aussi du renouveau des foyers chrétiens.

C’est lors d’une retraite prêchée aux couples que le Père Caffarel, invité à cette occasion, découvrit la maison. Le 28 avril 1966, il devait succéder au père Doncoeur à Troussures.


Le Père Caffarel fonde « une maison de prière »
- 1903, le 30 juillet, naissance à Lyon d’Henri Caffarel.
- 1930, le 19 avril, ordonné prêtre par le cardinal Verdier.
- 1936 il quitte toute fonction officielle pour se mettre au service des couples chrétiens et les aider à retrouver le sens profond de leur sacrement de mariage. Il propose des retraites spirituelles pour les couples : c’est une révolution pour l’époque ! La spiritualité conjugale n’existait pas. Ce sera le début des « fondations »…

- 1939, Fondateur des équipes Notre-Dame : « la sainteté par le mariage ».  
- 1943, Fondateur du mouvement des veuves
- 1945, Fondateur de l’Anneau d’or, Revue de spiritualité conjugale.
- 1958, Fondateur des cahiers de l’oraison.
Cette première étape de sa vie a mobilisé l’attention du Père Caffarel envers les couples, les familles et l’amour humain. Après cette vie riche en fondations, il décida de se retirer dans le silence et la prière. En réalité une dernière étape de fondation commença : une « école de prière à Troussures ».
- 1966- 1996 : Homme d’action, le père Caffarel n’en est pas moins resté contemplatif, et ce retrait à Troussures est significatif. Impressionné de constater que si peu de chrétiens étaient entrés dans la prière de l’oraison, il voulut proposer à tous l’expérience d’une intimité avec Dieu dans la prière silencieuse. La maison de Troussures lui en fournissait l’opportunité et l’école de prière qu’il fonda, fut peut-être l’expression la plus profonde de ce qu’il porta dans son cœur toute sa vie ! D’une maison familiale du temps du Père Doncoeur, Troussures devint une petite oasis de prière et de silence. L’ouverture au village et à la région souffrit de ce changement d’esprit, mais en même temps la maison s’ouvrit à un accueil international.
- L’intuition des « semaines de prière » consista à vivre six jours de prière et de formation à la vie intérieure, corps et âme, dans un silence complet. De nombreux témoignages relatent que dans leur vie spirituelle « il y a ‘un avant’  et ‘un après’ Troussures - Maître en oraison, il trouvera également le temps d’écrire une quinzaine d’ouvrages sur la prière et le mariage. (Présence à Dieu : cent lettres sur la prière / Nouvelles lettres sur la prière / Cinq soirées sur la prière intérieure / Dieu ce nom le plus trahis /Prends chez toi Marie, ton épouse.)

Sa succession: Connaissant le Père Philippe de longue date, quand il était encore vicaire à Paris où ils aimaient échanger sur la théologie de la sacramentalité du mariage, leur rencontre en janvier 1996 incita le Père Caffarel à s’orienter vers la communauté Saint-Jean pour reprendre Troussures.
- Août 1996 la signature de la donation fut effectuée et trois semaines plus tard, le 18 septembre, le Père Caffarel décéda à 94 ans !
Fondateur de mouvements, Maître d’oraison, Prophète du Renouveau de l’Eglise, le père Caffarel a su surtout nous témoigner de l’unité profonde entre vie contemplative et vie active ; entre une vie intérieure centrée sur Dieu seul et une vie apostolique audacieuse, inventive et rénovatrice. Aumônier à Paris ou prédicateur à Troussures, c’est le même secret qui l’habite depuis l’âge de 20 ans quand il fut saisi par le Christ pour le suivre : prière, oraison, silence pour n’être qu’un avec Dieu. Son procès de béatification fut ouvert le 25 avril 2006 par l’archidiocèse de Paris. Il a reçu le titre de « serviteur de Dieu ».

La Congrégation saint Jean fonde « un prieuré »

Dés Pâques 1997, le château devient « un prieuré » qui reçoit de l’évêque la mission d’être un lieu de prière et d’accueil pour le diocèse et les environs, selon le charisme propre de la Congrégation : une vie religieuse et apostolique dans l’esprit de l’apôtre Saint Jean l’évangéliste.
- Riches de l’héritage spirituel des deux prêtres qui ont marqué cette maison, les Pères Doncoeur et  Caffarel, et selon la mission diocésaine qui nous a été donnée, nous sommes des religieux au service de l’Eglise missionnaire.
- Dans l’accueil des retraitants et par la formation que nous leur proposons, nous essayons de continuer à notre mesure toute la réflexion sur la famille et le couple entreprise par les Pères Doncoeur et Caffarel à travers la prédication de retraites pour fiancés et couples. De même, le souci du Père Caffarel de conduire les chrétiens vers l’oraison reste le cœur de notre enseignement. Il est heureux de constater que la Providence a permis cette continuité spirituelle, même si elle se vit  selon des modalités différentes.